MJ, PJ, PNJ, jet de dé, campagne… t’as pas compris la moitié de ce que les vieux de la table ont dit ce soir ?
Ça arrive à tout le monde. Tu rejoins ta première partie, le Maître du Jeu te demande de « faire un jet de Perception avec une DC 15 » et tu hoches la tête en faisant semblant de savoir. Ce glossaire existe pour que tu n’aies plus jamais à faire semblant.
Ce que tu trouveras ici, c’est le vocabulaire de base du jeu de rôle sur table, expliqué comme si tu étais assis en face d’un joueur expérimenté et non devant un manuel de 400 pages. On va aller à l’essentiel, dans l’ordre où tu vas croiser ces termes à ta première table.
Le trio de base : MJ, PJ, PNJ
Si tu ne retiens que trois sigles de cet article, ce sont ceux-là. Toute la mécanique d’une partie repose dessus.
Le MJ — Maître du Jeu ou Meneur de Jeu
Le MJ est la personne qui prépare et dirige la partie. Il décrit le monde, joue tous les personnages secondaires, arbitre les règles et gère le rythme de la session. Pense à lui comme au réalisateur et scénariste d’un film, sauf que les acteurs (les joueurs) ont le droit d’improviser à volonté.
Selon le jeu, il s’appellera différemment : Gardien des Arcanes dans L’Appel de Cthulhu, Conteur dans Vampire : la Mascarade, Arbitre dans certains OSR. Mais dans la conversation quotidienne, tout le monde dit MJ.
Le PJ — Personnage Joueur
Un PJ, c’est le personnage incarné par un joueur humain. C’est ton avatar dans l’univers de jeu. Tu choisis son nom, ses compétences, son histoire passée (le fameux BG, on y revient), et tu prends les décisions à sa place pendant la partie. Chaque joueur autour de la table a un PJ, sauf le MJ.
Le PNJ — Personnage Non Joueur
Tout ce qui bouge dans l’univers de jeu sans être contrôlé par un joueur, c’est un PNJ. L’aubergiste, le roi, le dragon final, le passant dans la rue : tous des PNJ, tous joués par le MJ. Certains PNJ sont capitaux pour l’histoire (le grand méchant, l’informateur clé), d’autres sont de simples figurants de décor.
Tu as peut-être croisé ce terme hors du JDR — « t’es un vrai PNJ toi » s’utilise couramment pour dire que quelqu’un manque de personnalité ou d’initiative. C’est directement emprunté au jeu de rôle, et ça dit tout sur l’importance de ce personnage dans une table.
La fiche de personnage, les stats et le BG
Avant de jouer ton PJ, tu vas généralement remplir une fiche de personnage. C’est le document qui résume tout ce que ton personnage est capable de faire : ses stats (caractéristiques chiffrées comme la Force, l’Intelligence, la Dextérité selon le système), ses compétences (Discrétion, Persuasion, Combat, etc.) et ses points de vie — souvent notés HP pour Hit Points, ou PV en français.
Le BG, abréviation de background, c’est l’histoire passée de ton personnage. D’où vient-il ? Qu’est-ce qui le motive ? Qu’est-ce qu’il a vécu avant le début de la partie ? Un bon BG n’a pas besoin d’être un roman : deux ou trois phrases solides suffisent pour donner du relief à ton PJ et aider le MJ à construire des situations qui te touchent vraiment.
Le jet de dé : quand et pourquoi tu lances
Le jet de dé, c’est le mécanisme central de la plupart des systèmes de JDR. Tu lances un ou plusieurs dés pour déterminer si ton personnage réussit une action dont l’issue est incertaine. Le résultat est ensuite comparé à un seuil, souvent appelé DC (Difficulty Class, ou Classe de Difficulté en français).
Exemple concret : ton voleur tente de crocheter une serrure. Le MJ fixe la DC à 14. Tu lances un d20, tu ajoutes ton modificateur de compétence. Si tu atteins ou dépasses 14, c’est bon. En dessous, la serrure résiste — et il y a potentiellement une conséquence.
Il existe plusieurs types de jets :
- Jet de compétence : tu tentes quelque chose qui demande un talent précis (escalader, mentir, identifier une plante).
- Jet opposé : ton résultat est comparé directement à celui d’un adversaire ou d’un PNJ. Le plus haut l’emporte.
- Jet de sauvegarde : tu résistes à un effet subi (poison, magie, peur). Le personnage se défend plutôt qu’il n’agit.
- Jet de perception : tu cherches à remarquer quelque chose dans l’environnement — un détail caché, une embuscade, une porte dérobée.
Une question revient souvent en forum : faut-il annoncer la DC aux joueurs ou la garder secrète ? Franchement, les deux fonctionnent. Annoncer la DC donne aux joueurs l’information pour décider s’ils veulent tenter l’action. La garder secrète renforce la tension et l’immersion. C’est une question de style de table, pas de règle absolue.
Scénario, campagne, one-shot : l’architecture d’une partie
Le scénario
Un scénario, c’est l’histoire préparée par le MJ pour une partie. Il y a une situation de départ, des péripéties, et une forme de résolution — un mystère à élucider, un monstre à vaincre, une mission à accomplir. Un bon scénario pour débutants n’est pas une forêt de détails : c’est une ligne directrice solide avec suffisamment de souplesse pour accueillir les choix des joueurs.
Le one-shot
Un one-shot, c’est un scénario pensé pour tenir en une seule session (généralement trois à cinq heures). Intrigue autonome, personnages prétirés (déjà créés pour toi), début et fin dans la même soirée. C’est le format idéal pour une première partie : pas d’engagement sur la durée, et une expérience complète du début à la fin.
La campagne
Une campagne, c’est une série de scénarios liés entre eux qui se jouent sur plusieurs sessions, parfois plusieurs mois ou années. Les PJ évoluent, le monde change en fonction de leurs actions, les PNJ se souviennent de ce qui s’est passé. C’est le format long du JDR, celui qui crée les vraies légendes de table. Mais c’est aussi un engagement sérieux — ne lance pas une campagne épique pour une première partie d’initiation.
RP, métagame et les termes qui créent des malentendus
Le RP ou roleplay
Le RP (roleplay), c’est le fait d’incarner ton personnage : parler en son nom, réagir comme lui le ferait, prendre des décisions cohérentes avec son BG et sa personnalité. Certains joueurs poussent le RP très loin (voix, gestuelle, décisions au détriment de l’efficacité tactique), d’autres jouent davantage « de l’extérieur », en stratèges. Les deux approches coexistent très bien à la même table, tant que tout le monde est aligné.
Le métagame
Le métagame, c’est quand ton personnage utilise des informations que toi en tant que joueur tu connais, mais que lui ne devrait pas connaître. Ton PJ entre dans une pièce et tu décides de l’envoyer chercher des renforts parce que tu as reconnu la stat du monstre dans le livre de règles — c’est du métagame. C’est souvent mal vu à la table parce que ça casse l’immersion et l’équité du jeu.
AC et HP, les stats de combat
L’AC (Armor Class, ou Classe d’Armure) représente la difficulté à toucher un personnage au combat. Plus ton AC est élevée, plus il faut un bon jet pour te blesser. Les HP (Hit Points, Points de Vie), c’est le nombre de dégâts que tu peux encaisser avant de tomber. Ces deux notions viennent directement de Donjons & Dragons et de ses dérivés, mais on les retrouve dans des dizaines de systèmes.
Ce qu’il faut vraiment maîtriser avant ta première session
Tu n’as pas besoin de connaître le livre de règles par cœur. Mais si tu arrives à la table avec ces notions en tête, tu seras à l’aise dès les premières minutes :
- La différence entre MJ, PJ et PNJ
- Ce que contient ta fiche de personnage (stats, HP, compétences, BG)
- Quand et comment on lance les dés (action incertaine + conséquence à l’échec)
- Ce qu’est un scénario et en quoi un one-shot diffère d’une campagne
- Ce que signifie « faire du RP » et pourquoi ce n’est pas obligatoire d’en faire beaucoup pour bien jouer
Le meilleur conseil que je puisse te donner : parle à ton MJ avant la partie. Dis-lui que tu débutes. Un bon MJ saura adapter son rythme, répéter les termes importants en jeu — « ton PJ entend ce PNJ dire… », « fais un jet de Discrétion » — et créer des automatismes naturellement. Le vocabulaire s’installe beaucoup plus vite à la table qu’en lisant un glossaire.
Questions fréquentes
Que veut dire MJ en jeu de rôle ?
MJ signifie Maître du Jeu ou Meneur de Jeu. C’est la personne qui prépare l’histoire, décrit l’univers, joue tous les PNJ et arbitre les règles. Il n’incarne pas de personnage joueur : il gère tout ce qui n’est pas contrôlé par les joueurs.
Quelle est la différence entre un PJ et un PNJ ?
Un PJ (Personnage Joueur) est le personnage incarné par un joueur humain — c’est son avatar dans la partie. Un PNJ (Personnage Non Joueur) est tout personnage contrôlé par le MJ : ennemis, alliés, marchands, figurants. La distinction est simple mais fondamentale.
Qu’est-ce qu’un jet de dé et à quoi ça sert ?
C’est le lancer d’un ou plusieurs dés pour déterminer si une action réussit ou échoue. Le résultat est comparé à un seuil de difficulté fixé par le MJ (la DC). On ne lance pas les dés pour tout : seulement quand l’issue est incertaine et que l’échec a une vraie conséquence.
C’est quoi un one-shot en JDR ?
Un one-shot est un scénario complet joué en une seule session, généralement trois à cinq heures. L’intrigue est autonome, sans suite obligatoire. C’est le format idéal pour découvrir le JDR sans s’engager sur plusieurs mois.
Quelle différence entre scénario et campagne ?
Un scénario, c’est une histoire avec un début et une fin, prévue pour une ou quelques sessions. Une campagne, c’est une série de scénarios liés qui se jouent sur la durée — parfois des mois, voire des années. La campagne permet aux personnages d’évoluer et au monde de changer avec leurs actions.
Que signifie BG en JDR ?
BG est l’abréviation de background, l’histoire passée du personnage. D’où vient-il, qu’a-t-il vécu, qu’est-ce qui le motive ? Un BG de deux à trois phrases suffit pour bien jouer : l’objectif est de donner de la profondeur au PJ, pas d’écrire un roman.
Qu’est-ce que le roleplay (RP) en JDR ?
Le RP, c’est le fait d’incarner son personnage — parler à sa place, décider comme il le ferait, être cohérent avec son BG et sa personnalité. Certains joueurs poussent le RP très loin, d’autres jouent de façon plus tactique. Les deux styles fonctionnent, souvent dans la même table.
Faut-il connaître tout le vocabulaire avant sa première partie ?
Non. Les termes de base (MJ, PJ, PNJ, jet de dé, scénario) suffisent largement pour débuter. Le reste s’apprend naturellement au fil des sessions. Prévenir ton MJ que tu débutes reste le meilleur réflexe : un bon meneur adaptera son discours en temps réel.
Qu’est-ce que le métagame et pourquoi c’est problématique ?
Le métagame, c’est utiliser des informations que le joueur possède mais que son personnage ne devrait pas connaître. Par exemple, reconnaître une créature dans le livre de règles et faire fuir son PJ en conséquence. Ça casse l’immersion et l’équité — c’est généralement mal vu à la table.
C’est quoi l’AC et les HP ?
L’AC (Armor Class ou Classe d’Armure) représente la difficulté à toucher un personnage au combat : plus elle est élevée, plus il est dur de porter un coup. Les HP (Hit Points ou Points de Vie) indiquent combien de dégâts il peut encaisser avant de tomber. Ces deux stats sont omniprésentes dans les systèmes dérivés de D&D.