Le Tokyo Game Show ouvre ses portes jeudi, et l’organisateur a publié ses chiffres. Ils sont spectaculaires, et ils tombent dans un contexte qui l’est tout autant — dans l’autre sens.
1 138 exposants. 3 999 stands. 53 pays et régions. Cinq jours. Pour son trentième anniversaire, le grand salon japonais du jeu vidéo signe la plus longue et la plus internationale de ses éditions.
Le Tokyo Game Show 2026 se tient du 17 au 21 septembre à Makuhari Messe — cinq jours, la plus longue édition de son histoire.
1 138 sociétés exposantes : 540 japonaises, 598 étrangères. Les exposants étrangers sont majoritaires — comme ils l’étaient déjà en 2025 (615 étrangères pour 521 japonaises, d’après le communiqué de l’an dernier).
53 pays et régions représentés, un record historique revendiqué par l’organisateur. 3 999 stands — moins que les 4 157 annoncés en 2025.
Les 17 et 18 septembre sont réservés aux professionnels ; le grand public entre les 19, 20 et 21.
L’organisateur annonce une fréquentation prévue de 300 000 personnes. C’est un objectif, pas un bilan.
Le chiffre que personne ne relève
Tout le monde va titrer sur les 1 138 exposants. Le détail est plus parlant que le total : 540 sociétés japonaises, 598 étrangères.
Autrement dit, au salon japonais du jeu vidéo, les exposants étrangers sont plus nombreux que les japonais — et ce n’est pas une nouveauté de 2026 : le communiqué de l’édition 2025 comptait déjà 615 sociétés étrangères pour 521 japonaises. L’écart s’est même resserré cette année. Pour un rendez-vous historiquement pensé comme la vitrine de l’industrie nippone face au public nippon, cette majorité étrangère installée sur deux éditions mérite mieux qu’une ligne de communiqué.
Ça raconte deux choses. Que le marché japonais reste une porte d’entrée que les éditeurs du monde entier veulent pousser — et que le TGS s’est transformé, au fil des années, en place de marché internationale autant qu’en fête locale. Les 53 pays et régions représentés, record revendiqué par l’organisateur, vont dans le même sens. Et une nuance à garder en tête : le record d’exposants (1 138 contre 1 136 en 2025) se joue à deux sociétés près, avec moins de stands qu’en 2025.
Pourquoi ça nous concerne, nous qui parlons de RPG
Parce que le TGS est, très concrètement, le salon des éditeurs japonais de JRPG. C’est là que Square Enix, SEGA et Atlus, Bandai Namco, Koei Tecmo, Konami, Capcom et Level-5 déballent leur automne. Les fiches de stand publiées en amont sont déjà pleines de matière — on en a détaillé plusieurs ces deux dernières semaines, et il y en aura d’autres d’ici dimanche.
Une précision pratique qui n’est pas anodine : les deux premiers jours sont fermés au public. Le 17 et le 18, c’est du professionnel de 10 h à 17 h. Les annonces et les diffusions les plus commentées tombent souvent ces jours-là, devant une salle de journalistes et d’acheteurs — pas devant les files d’attente. Si tu suis le salon de France, c’est jeudi et vendredi qu’il faut être attentif, pas le week-end.
Un pavillon IA, et il est réservé aux pros
Le détail est glissé dans le communiqué sans commentaire, et il mérite d’être relevé : le salon accueille un pavillon Technologie IA, installé dans les halls 9 à 11, accessible uniquement pendant les journées professionnelles.
On n’en tirera pas de conclusion péremptoire — un pavillon technologique s’adresse naturellement à des professionnels, et c’est aussi le cas d’autres espaces du salon. Mais dans une année où la place de l’IA générative dans la fabrication des jeux a occupé une bonne part des conversations, y compris houleuses, montrer ces outils aux acheteurs et pas aux joueurs est une décision de mise en scène. Elle sera commentée.
Les 300 000 visiteurs ne sont pas un chiffre, c’est un objectif. Le communiqué de la CESA écrit très précisément « fréquentation prévue ». C’est une projection d’organisateur, publiée avant l’ouverture. Tu la verras reprise cette semaine comme si le salon avait déjà eu lieu — ce sera faux jusqu’à la publication du bilan, après le 21 septembre. Même prudence pour le nombre de titres exposés : la liste officielle des exposants n’est pas lisible en l’état sur le site du salon, et les totaux qui circulent ne viennent donc pas de l’organisateur.
Notre avis, et on l’assume comme un avis
Il y a quelque chose de vertigineux à voir un salon battre ses records de taille au terme d’une année où l’industrie qu’il célèbre a beaucoup licencié. On ne va pas chiffrer ce total — les décomptes qui circulent viennent de traqueurs privés et nous n’avons aucune source officielle pour les valider. Mais les épisodes, eux, sont documentés : nous avons couvert la fermeture de studios chez Xbox, les licenciements d’Ubisoft Barcelone, l’abandon de projets de jeux vidéo chez Hasbro. Ce ne sont pas des rumeurs, ce sont des faits que nous avons sourcés au fil de l’année.
Comment un salon grossit-il pendant que ses exposants dégraissent ? Il n’y a pas de mystère, et ce n’est pas une contradiction : un stand est une dépense de vente, pas une dépense de production. Quand les budgets se resserrent, la course à la visibilité devient plus féroce, pas moins. Il faut être vu, parce qu’il y a plus de jeux qui se battent pour moins d’attention. La taille du TGS 2026 mesure sans doute autant l’anxiété du secteur que sa santé.
Et puis il y a la lecture optimiste, qui n’est pas moins vraie : trente ans après sa création, ce salon attire 598 exposants étrangers. C’est-à-dire que le monde entier considère toujours qu’il faut aller montrer son jeu à Tokyo. Pour un média qui parle de RPG japonais toute l’année, c’est plutôt une bonne nouvelle.
Ce qui est jouable, ce qui ne l’est pas, les dates réelles et les pièges d’achat — sans recopier les dépêches.
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Sources : communiqué officiel de la CESA, organisatrice du Tokyo Game Show, publié le 10 septembre 2026 et lu intégralement en japonais (nombre d’exposants et leur répartition, pays représentés, nombre de stands, dates et horaires, fréquentation prévue, lieux, thème, pavillon IA) ; communiqué CESA du 25 septembre 2025 pour les chiffres de l’édition précédente (521 exposants japonais, 615 étrangers, 4 157 stands). Recoupé par Famitsu, 4Gamer, GAME Watch et Inven Global. Les épisodes de licenciements et d’annulations évoqués renvoient à nos propres articles sourcés publiés cette année ; nous ne reprenons aucun total annuel de suppressions de postes, ces décomptes provenant de traqueurs privés sans source officielle. Visuel © CESA. Tous les liens sont simples, non affiliés.
FAQ
Quand se tient le Tokyo Game Show 2026 ?
Du 17 au 21 septembre 2026, à Makuhari Messe. Les 17 et 18 septembre sont des journées professionnelles, de 10 h à 17 h. Le grand public est accueilli les 19 et 20 septembre de 9 h 30 à 17 h, et le 21 septembre de 9 h 30 à 16 h.
Combien d’exposants au Tokyo Game Show 2026 ?
1 138 sociétés, dont 540 japonaises et 598 étrangères, sur 3 999 stands. L’organisateur annonce 53 pays et régions représentés, un record historique pour le salon.
Le Tokyo Game Show 2026 est-il une édition record ?
Oui sur plusieurs plans, d’après son organisateur : c’est la plus longue édition de l’histoire du salon avec cinq jours, et le nombre de pays et régions représentés est un record. Le salon fête aussi son trentième anniversaire.
Combien de visiteurs sont attendus au Tokyo Game Show 2026 ?
La CESA annonce une fréquentation prévue de 300 000 personnes. Il s’agit d’une projection publiée avant l’ouverture du salon, pas d’un chiffre de fréquentation constaté.