Il y a des noms qui font lever la tête aux rôlistes qui ont connu les années 90. Dark Conspiracy en fait partie : de l’horreur moderne, des créatures venues d’autres dimensions, et une humanité qui ne sait même pas qu’elle est en guerre. Le jeu revient — et la grosse surprise, ce n’est pas la licence. C’est le moteur de règles.
Mongoose Publishing a lancé le 11 août la campagne BackerKit de Dark Conspiracy – A Horror RPG in the Modern Age, bâti sur le moteur de règles Traveller. Au 14 août, 14 h (heure de Paris), la page officielle affiche 91 907 £ sur un objectif de 20 000 £ et 763 contributeurs. Fin de campagne le 11 septembre 2026 à 13 h UTC, livraison estimée au 30 juin 2027. Frais de port offerts partout dans le monde, PDF distribués par DriveThruRPG.
De l’horreur moderne… propulsée par Traveller
Le billet officiel de l’éditeur, publié sur son propre forum le mardi 11 août, ne tourne pas autour du pot : « Dark Conspiracy has now launched on BackerKit! Based on the Traveller rules engine, this is the modern horror RPG where dogged investigators, dauntless warriors and blessed lunatics are all that stands between humanity and the ultimate corruption. »
Traduction : des enquêteurs obstinés, des combattants intrépides et des illuminés bénis — voilà tout ce qui sépare l’humanité de la corruption finale. Et le tout tourne sur Traveller, la vénérable machine de SF que Mongoose maintient depuis des années.
C’est le choix qui rend l’annonce intéressante. Traveller, c’est un système à carrières : ton personnage a une vie avant la première séance, et cette vie détermine ce qu’il sait faire. La page officielle applique exactement ça à Dark Conspiracy : « players choose from several careers that they will have engaged in before recruitment. The skills and talents they learned during these years will dictate their capabilities in fighting Dark Minions. » Tu ne crées pas un chasseur de monstres, tu recrutes un flic, un scientifique ou un mercenaire à qui on va demander de le devenir.
Ce que contient le projet
La page officielle annonce trois livres cartonnés plus l’écran de meneur :
- Dark Conspiracy Core Rulebook — de quoi créer ses Operatives et se lancer en mission contre le Dark ;
- Dark Conspiracy Referee’s Screen — l’écran, parce que « Dark Minions move quickly and pose the greatest threat » ;
- Field Ops — un recueil de missions one-shot : affronter des cultes au Nevada, repousser des intrusions à Norwich, nettoyer du Demonground dans les Alpes italiennes ;
- Dread Earth — une campagne complète située en Appalaches, où un Minion Lord a commencé à faire tomber les barrières entre les dimensions.
Et pour les curieux qui veulent tâter du système sans sortir la carte bleue, l’éditeur propose en téléchargement libre un « Operative Induction Dossier » : de quoi créer son premier personnage.
Le vrai sujet : la corruption
Là où le jeu se distingue de l’horreur lovecraftienne classique — où la santé mentale s’effrite —, c’est sur sa mécanique de Dark Influence. La page officielle est explicite, et franchement bien écrite :
La proximité avec les entités d’autres dimensions corrompt. Au début, ça se passe bien : « they will feel invigorated, becoming stronger and more powerful than before ». Les personnages ordinaires se mettent à utiliser l’Empathie, les Empathes voient leurs pouvoirs s’étendre. Peut-être qu’un Operative gagne au passage un attribut d’une autre dimension. Peau translucide, cornes vestigiales, langue allongée qui goûte l’air en permanence — un petit prix à payer pour la puissance acquise.
Puis vient le point de bascule. « You will no longer desire Dark Influence. You begin craving it » — il t’en faut, régulièrement, sinon c’est le manque. Les Dark Minions commencent à te reconnaître comme un des leurs. Et passé ce seuil, que ça prenne des jours, des mois ou des années, la fin est écrite : disparaître dans une autre dimension et y passer l’éternité. La page conclut sèchement : « There is, as yet, no known counter to Dark Influence. »
Autrement dit, la mécanique centrale n’est pas un compteur de folie qu’on soigne entre deux scénarios. C’est une addiction à sens unique, et le jeu l’assume : « your Operatives must constantly balance the power made available to them against their own humanity ».
Demonground, ou quand le décor devient l’ennemi
L’autre trouvaille de la gamme, c’est le Demonground : une zone de physique distordue qui entoure un portail vers une autre dimension. La page officielle décrit des arbres qui marchent, des rochers qui flottent, un sol qui « chitter » en permanence dans des langues inhumaines. La végétation, quand elle n’a pas été raclée jusqu’à la roche, devient tordue et épineuse ; les bâtiments se déforment et prennent une apparence organique, percés de tunnels assez larges pour qu’on y rampe, reliant les structures entre elles et jusqu’aux égouts.
Chaque Demonground prend les caractéristiques de la dimension à laquelle il est relié : l’un devient une zone de pestilence mortelle pour qui s’y aventure sans protection, l’autre transforme les bâtiments en église démoniaque. C’est du décor jouable — exactement le genre de matière première qu’un MJ peut détourner en scénario.
Les chiffres bougent. Les 91 907 £ et les 763 contributeurs sont un instantané relevé le 14 août à 14 h sur la page officielle. Dans une semaine, ce ne sera plus le même montant — vérifie toi-même avant de te décider. Deuxième point, plus important : la date du 30 juin 2027 est une livraison estimée par l’éditeur, pas une date de sortie en boutique. Sur un financement participatif, une estimation reste une estimation, même chez un éditeur qui livre depuis vingt ans. Troisième point : nous n’avons pas relevé les paliers de contribution, donc nous ne citons aucun prix. Ceux que tu liras ailleurs, va les vérifier à la source.
Pourquoi ça compte, même si tu ne contribues pas
Deux raisons. La première, c’est que Mongoose continue méthodiquement de récupérer et de relancer les vieux classiques du JDR anglo-saxon sur une base de règles unifiée. Que tu aimes ou non le résultat, ça veut dire qu’un rôliste qui connaît Traveller peut passer d’un univers à l’autre sans réapprendre un système entier. C’est un argument de table, pas de collection.
La seconde, c’est que l’horreur moderne « conspiration + créatures d’autres dimensions » est un créneau curieusement peu occupé en français aujourd’hui. Beaucoup de Cthulhu, beaucoup de post-apo, assez peu de « le monde d’aujourd’hui, mais quelque chose gratte derrière la porte ». Si le projet tient ses promesses, il y aura de la place.
Une précision utile côté logistique : l’éditeur annonce des frais de port offerts dans le monde entier (« Shipping is free, worldwide »), ce qui n’est pas anodin depuis la France, et des PDF distribués par DriveThruRPG.
Page de campagne officielle sur BackerKit · L’annonce sur le forum officiel de Mongoose Publishing (liens non affiliés).
Financements en cours, VF confirmées, gammes qui reviennent : on trie, on vérifie à la source, tu lis. En cadeau de bienvenue, un scénario original complet, La Dernière Lanterne.
Rejoindre la newsletter
FAQ
Qu’est-ce que Dark Conspiracy ?
Un jeu de rôle d’horreur moderne édité par Mongoose Publishing, dans lequel les joueurs incarnent des « Operatives » recrutés pour affronter des créatures venues d’autres dimensions, à l’insu du reste de l’humanité.
Quel système de règles utilise le nouveau Dark Conspiracy ?
Le moteur de règles Traveller, comme l’indique l’annonce officielle de Mongoose Publishing du 11 août 2026.
Quand se termine la campagne de financement ?
Le 11 septembre 2026 à 13 h UTC, selon la page de campagne officielle sur BackerKit.
Quand le jeu sera-t-il livré ?
La page officielle annonce une livraison estimée au 30 juin 2027. Il s’agit d’une estimation de l’éditeur, pas d’une date de sortie confirmée en boutique.
Que contient le projet ?
Trois livres cartonnés — le Core Rulebook, le recueil de missions Field Ops et la campagne Dread Earth — ainsi que l’écran du meneur (Referee’s Screen).