Publié le 18 août 2026 — actualité jeu de rôle
Matt Colville a passé des années à expliquer sur YouTube comment mieux faire jouer. Puis MCDM a sorti Draw Steel, son jeu de fantasy héroïque et tactique. Aujourd’hui, le studio revient avec l’exact opposé : un jeu où tes personnages vont mourir, souvent, et où le trésor compte plus que la gloire.
Le financement participatif de Crows: Fortune or Death est lancé ce 18 août 2026 sur BackerKit — et il n’a pas mis longtemps à décoller.
Où en est la campagne
Au moment où nous écrivons ces lignes — relevé sur la page officielle le 18 août 2026 vers 19 h 05, heure de Paris —, le compteur affiche 345 485 $ sur un objectif de 650 000 $, apportés par 1 702 contributeurs. Ces chiffres bougent en permanence : va voir la page pour l’état réel.
La campagne se termine le 15 septembre 2026 à 19 h UTC. Comme toutes les campagnes BackerKit, elle fonctionne en tout ou rien : si l’objectif n’est pas atteint, personne n’est débité. Et si tu contribues, ta carte n’est pas prélevée le jour de ta promesse, mais à la fin de la campagne.
Un mot sur la date de lancement, parce qu’on te doit la vérification : MCDM ne l’écrit pas noir sur blanc sur sa page. On la tient de trois éléments concordants — la vidéo de campagne publiée le 18 août à 12 h 41 UTC sur la chaîne YouTube officielle du studio, le compteur « Backer Train » de la page horodaté « Tue Aug 18 6:00AM » avec un cumul égal au total récolté, et la date de fin à 28 jours de là. Tu croiseras peut-être ailleurs un « lancement le 4 août » : ça ne colle avec aucun de ces trois éléments.
À retenir
Crows: Fortune or Death est le deuxième jeu complet de MCDM après Draw Steel — un JDR de fantasy survival horror centré sur le dungeon crawl, le voyage en pleine nature et la construction d’un village. Financement lancé le 18 août 2026 sur BackerKit, objectif 650 000 $, fin le 15 septembre 2026 à 19 h UTC, livraison estimée à septembre 2027. Paliers de 9,99 $ à 399,99 $. Le jeu reprend le power roll de Draw Steel mais supprime les classes de personnage : c’est ton équipement qui définit ce que tu sais faire. Un packet de playtest est téléchargeable gratuitement.
Pas de classes. Ton sac à dos EST ta fiche de personnage
C’est le pari le plus radical du jeu, et MCDM l’écrit en toutes lettres sur son site presse : « Crows n’a pas de classes ».
Tu veux lancer un sort ? Trouve son grimoire. Tu veux entrer en rage ? Bois une potion de rage. Tu veux escalader une façade ? Prends une corde et un grappin. Aucun de ces gestes ne dépend d’un trait de classe : ils dépendent de ce que tu as emporté avec toi. Les options de personnage servent à améliorer ce que fait ton équipement — et non l’inverse, comme dans la plupart des jeux de fantasy.
Résultat : l’inventaire devient le vrai jeu. Chaque personnage dispose de 2 emplacements de main (tout ce qui s’y trouve est équipé), 4 emplacements de ceinture et 10 emplacements de sac à dos. En pleine action — combat, piège qui se déclenche —, tu peux échanger librement entre tes mains et ta ceinture. Mais pour attraper quelque chose dans ton sac, il faut lancer 1d10 et faire au moins le numéro de l’emplacement visé. Sinon, tu peux réorganiser ton sac, mais tu n’en sors rien.
L’ordre dans lequel tu ranges ton sac a une conséquence mécanique. On ne va pas se mentir : c’est le genre d’idée qui divise une table en deux camps en une séance.
Pour éviter la corvée de gomme, MCDM passe tout par des cartes : un deck d’équipement (armes, sorts, matériel, trésors) et un deck de monstres.
Le trésor, pas les monstres
Deuxième rupture, et elle est vieille comme le loisir : dans Crows, on ne gagne pas d’expérience en tuant. On en gagne en ramenant du butin en ville. La valeur du trésor rapporté est divisée entre les personnages, et ce nombre est l’XP gagnée. Formule du studio : « tu n’as pas besoin de tuer chaque monstre du donjon… tu as juste besoin de prendre l’or et de sortir ».
Corollaire assumé par MCDM : il n’y a pas d’équilibrage de rencontre. Ce qu’il y a dans le donjon y est, point, et ça ne s’ajuste pas au niveau du groupe. Si les personnages décident de titiller un démon avec un bâton, c’est leur problème. Le studio prévient : les mathématiques du jeu n’ont pas été calibrées pour que les joueurs gagnent la plupart du temps.
Le donjon tourne à la montre
Une fois dans le donjon, le jeu bascule en « dungeon turns » de 30 minutes de temps réel. À la fin de chaque tour, le Ref (le meneur) jette un dé de rencontre aléatoire, et les joueurs lancent les dés d’usure de leurs sources de lumière. Ta torche peut s’éteindre et une horreur peut débarquer dans le même souffle.
Le combat est tout aussi peu accueillant : l’initiative de camp change à chaque round, ce qui veut dire que les monstres peuvent enchaîner deux tours d’affilée. Au fil de l’expédition, les réserves de santé fondent, et les blessures te font perdre des emplacements d’équipement — ceux dont on vient de dire qu’ils sont, littéralement, tes capacités.
Détail qu’on trouve malin : les monstres n’ont pas de nom. Les règles les désignent par une classification et une lettre — « undead A », par exemple — et laissent les joueurs inventer comment ils les appellent à leur table. MCDM revendique ouvertement l’effet recherché : le premier licker de Resident Evil 2, le monstre de chair de Stranger Things 3. Chaque créature est présentée sur une carte, ce qui permet au Ref de montrer l’illustration aux joueurs sans leur dévoiler les statistiques — celles-ci restent dans le livre The Ref.
Le piège
Trois choses à savoir avant de sortir la carte bleue. Un : la date de livraison est une estimation, pas une promesse. MCDM écrit « environ 12 mois de développement », ce qui les amène « aux alentours de septembre 2027 » — et ajoute lui-même que « l’avenir est incertain, les choses peuvent changer ». Les éditions Limited et Goat arriveront quelques mois après les autres. Deux : les frais de port ne sont pas dans le prix affiché. Ils sont collectés après la campagne, via un questionnaire, selon ton adresse — et MCDM prévient sans détour que l’expédition internationale coûte cher. Pour un lecteur français, c’est une ligne budgétaire à ne pas oublier. Trois : les paliers sont en dollars américains. Nous ne les convertissons pas en euros : le taux bouge, et le montant réellement débité dépendra de ta banque.
Les paliers, en clair
Six niveaux de participation, tous relevés sur la page officielle :
- 9,99 $ — Starter Adventure en PDF + accès au pledge manager
- 49,99 $ — Digital Crows : les quatre livres en PDF, les deux decks, le starter set
- 69,99 $ — Softcover : les quatre livres en souple + les PDF
- 119,99 $ — Hardcover : les quatre livres façon carnet, avec des pages vierges pour tes notes, + les PDF
- 199,99 $ — Limited Edition : le tout en boîte métal, avec un set de dés
- 399,99 $ — Goat Edition : trois boîtes, quatre livres Characters supplémentaires en souple, 10d10 et 10d6, écran de Ref, minuteur de dungeon turn, jetons de monstres, tampon « Dead » pour marquer les fiches des morts, et le Ledger of Death
Les deux paliers les plus chers acceptent un paiement en quatre mensualités sans frais. Et le starter set The Sanguine Athenaeum en PDF est inclus dans absolument tous les paliers, y compris celui à 9,99 $.
Le jeu complet, c’est quatre livres : The Rules (les règles), Characters (création, progression, équipement, artisanat, village, familiers, hommes de main), The Ref (conseils de maîtrise, tables de voyage et de rencontres, statistiques) et Dungeons (quatre donjons prêts à jouer).
Un village qui survit à tes personnages
C’est la partie douce du jeu, et elle est plus fine qu’il n’y paraît. Entre deux expéditions, les personnages rentrent dans une ville qui leur sert de base : on s’y soigne, on s’y équipe, on y fabrique, on y revend son butin — et on peut y investir son or. Un village amélioré attire de meilleurs marchands, débloque la recherche de nouveaux sorts et l’enchantement d’objets plus puissants.
Et c’est là que MCDM place son idée la plus élégante : quand un personnage meurt, il peut être inhumé dans la crypte du village, où il accorde un petit bonus à l’aventurier qui vient s’y recueillir avant de partir. Les personnages qui survivent assez longtemps peuvent prendre leur retraite, devenir des PNJ et offrir de gros bonus à la génération suivante.
Autrement dit : tu vas perdre des personnages, mais rien de ce qu’ils ont accompli n’est perdu. Le village, lui, reste.
Tu peux essayer ce soir, gratuitement
MCDM a mis en ligne un packet de playtest gratuit comprenant deux donjons et tout le nécessaire pour jouer immédiatement. Le studio précise que ces règles font partie du playtest en cours et peuvent encore changer — les tests continueront « pendant plusieurs mois ».
Télécharger le packet de playtest de Crows (site officiel MCDM)
Un seul palier annoncé, et il est ambitieux
MCDM ne communique pour l’instant qu’un stretch goal, à 1,25 million de dollars : le « Crowdex », un module Crows pour le Draw Steel Codex, la table virtuelle maison du studio. Le studio dit avoir déjà un prototype fonctionnel, tout en reconnaissant que « le développement logiciel est risqué et semé d’embûches ». Si le palier tombe, les contributeurs des éditions Limited et Goat recevront un code Steam ; les autres ont un add-on à prix réduit.
Côté fabrication, MCDM annonce les noms : illustrations de Joseba Alexander et Konstantin Vavilov, cartes de donjon par The MAD Cartographer, et — c’est un vrai signal — mise en page et design graphique confiés à Caesar Ink, le studio derrière Doomsong, Jim Henson’s Labyrinth: The Adventure Game et Dark Crystal: The Adventure Game.
Notre lecture
MCDM prend un risque réel, et il faut le saluer. Draw Steel était un jeu de fantasy héroïque : des personnages puissants, des combats spectaculaires, des victoires épiques. Crows est bâti sur le refus exact de ça — pas de classes, pas d’équilibrage, pas d’XP pour les kills, une torche qui s’éteint et deux tours de monstres d’affilée.
Sortir un deuxième jeu qui contredit méthodiquement le premier, avec la même équipe, c’est soit très malin, soit très casse-gueule. Le premier jour de campagne suggère qu’il y a un public. On regardera le reste des 28 jours.
La page officielle de la campagne Crows: Fortune or Death sur BackerKit
Le JDR papier, sans le bruit
Financements participatifs, VF, gammes qui sortent vraiment : on te dit ce qui est confirmé et ce qui ne l’est pas. Une fois par semaine, dans ta boîte mail.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que Crows: Fortune or Death ?
C’est le nouveau jeu de rôle de MCDM Productions, le studio de Matthew Colville à qui l’on doit Draw Steel, Strongholds & Followers, The Illrigger et Flee, Mortals!. MCDM le décrit comme un JDR de fantasy survival horror conçu pour le dungeon crawl, le voyage en pleine nature et la construction d’une base. Il reprend le mécanisme du power roll de Draw Steel, mais il ne s’agit pas de fantasy héroïque : les personnages y sont des aventuriers assez braves ou assez fous pour gagner leur vie en pillant des ruines infestées de monstres.
Jusqu’à quand court le financement participatif de Crows ?
La campagne, hébergée sur BackerKit, se termine le 15 septembre 2026 à 19 h UTC. L’objectif de financement est de 650 000 $. Le fonctionnement est en tout ou rien : les cartes ne sont débitées qu’à la fin de la campagne, et uniquement si l’objectif est atteint. Les frais de port sont collectés séparément après la campagne, via un questionnaire.
Combien coûte Crows et quand sera-t-il livré ?
Les paliers officiels vont de 9,99 $ (aventure de départ en PDF + accès au pledge manager) à 399,99 $ (Goat Edition). Entre les deux : 49,99 $ pour le tout-numérique, 69,99 $ en souple, 119,99 $ en rigide, 199,99 $ pour la Limited Edition. MCDM estime la livraison à septembre 2027, en précisant qu’il s’agit d’une estimation susceptible d’évoluer, et que les éditions Limited et Goat suivront quelques mois plus tard. Les montants sont libellés en dollars américains.
Peut-on essayer Crows gratuitement avant de contribuer ?
Oui. MCDM met à disposition un packet de playtest gratuit comprenant deux donjons et tout le nécessaire pour jouer immédiatement, téléchargeable depuis son site officiel. Le studio précise que ces règles font partie du playtest en cours et qu’elles peuvent encore être modifiées avant la version finale.