Slay the Spire, Cult of the Lamb, Final Fantasy, Kingdom Come: Deliverance… Si tu as l’impression que chaque jeu vidéo que tu aimes finit en boîte avec des cartes et des meeples, tu ne rêves pas. Rien qu’en juillet 2026, notre veille a recensé plus d’une demi-douzaine d’adaptations officielles annoncées, financées ou datées. La raison tient en trois mots : licence, crowdfunding, public crossover. On te déballe la vague, cas par cas, puis on t’explique pourquoi elle ne fait que commencer.

Unmatched s’offre Slay the Spire : l’annonce choc de la Gen Con
Le 30 juillet, pendant la Gen Con, Restoration Games a tenu son panel annuel « Blueprints » et lâché sa bombe : un partenariat avec Megacrit pour un set Unmatched: Slay the Spire. Le deck-builder culte du PC rejoint donc le jeu d’affrontement asymétrique aux 78 héros prévus d’ici fin 2026. L’éditeur le dit lui-même : c’est le tout début du projet, ni date ni prix. Mais le symbole est fort — Unmatched, déjà machine à licences (un set Hellboy avec couverture signée Mike Mignola arrive « dans l’année », précommandes ouvertes), va chercher un jeu vidéo indé né sur Steam.
Cerise sur le gâteau, et c’est révélateur : le même panel a annoncé la relance d’Unmatched: Digital Edition par Dire Wolf Digital, avec une bêta déjà disponible sur Steam. Le jeu de plateau adapté du jeu vidéo redevient… un jeu vidéo. La boucle est bouclée, et elle tourne dans les deux sens. On t’a détaillé tout le panel dans notre article sur les annonces Blueprints de Restoration Games.
Cult of the Lamb : le Kickstarter qui explose les compteurs
Si tu veux comprendre pourquoi les éditeurs se ruent sur les licences vidéoludiques, regarde Cult of the Lamb: The Board Game. L’adaptation officielle du rogue-lite mignon-satanique, signée Paper Fort Games, est un jeu de placement d’ouvriers pour 1 à 4 joueurs. Sa campagne Kickstarter, lancée le 21 juillet 2026, affichait plus de 6 700 % de son objectif de financement au moment où on écrit ces lignes — et elle est toujours en cours. Oui, tu as bien lu le nombre de zéros.
Un score pareil, ce n’est pas la magie du jeu de plateau : c’est la puissance d’une communauté vidéoludique qui suit sa licence sur n’importe quel support. On t’avait présenté le projet dès son annonce dans notre article sur le jeu de plateau Cult of the Lamb.
Final Fantasy passe à la table avec Origins of Light
Même Square Enix s’y met franchement. Origins of Light: A Final Fantasy Board Game, développé par KessCo sous licence officielle, propose de rejouer les trois premiers Final Fantasy — ceux de l’ère NES — en jeu de plateau. La page Kickstarter est en ligne en pré-lancement ; date de campagne, prix et contenu précis restent à officialiser. Voir la saga qui a défini le JRPG revenir à ses origines… sur une table, c’est tout un programme.
Kingdom Come: Deliverance, l’adaptation la plus ambitieuse
Côté grosse machine, c’est Czech Games Edition (Codenames, Lost Ruins of Arnak) qui frappe fort avec Kingdom Come: Deliverance – The Board Game, en collaboration directe avec Warhorse Studios. L’affiche fait rêver n’importe quel joueur de plateau : première collaboration entre Tomáš Holek et la légende Vlaada Chvátil. Au menu : aventure narrative mêlée de mécaniques euro et de deck-building, 1 à 4 joueurs (solo compris), environ 90 minutes par joueur, une Bohême médiévale de 1403 découpée en cinq journées de jeu où tu démarres simple paysan.
Sortie prévue à Essen SPIEL 2026, en tirages limités. La précommande est ouverte à 149,99 € sur la boutique officielle CGE (prix constaté le 1er août 2026) — d’abord en anglais, sans date annoncée pour une VF. Tous les détails dans notre article sur le jeu de plateau Kingdom Come: Deliverance.
Chaosium met le paquet : deux jeux de plateau Cthulhu
La vague ne part pas que du jeu vidéo : les éditeurs de JDR suivent exactement la même logique de licence. Chaosium, maison mère de L’Appel de Cthulhu, avance deux jeux de plateau en parallèle.
D’abord Call of Cthulhu: Old Ones Origins, dévoilé mi-juillet : un jeu de stratégie asymétrique pour 2 à 4 joueurs où des factions rivales s’affrontent pour la domination dans le Mythe, conçu par Samuel Bailey, le créateur de Forbidden Stars. Chaosium a ouvert la page de sa campagne Gamefound le 30 juillet, sans prix ni date pour l’instant. On l’avait décortiqué dans notre article sur Old Ones Origins.
Ensuite Call of Cthulhu: Horror on the Orient Express – The Board Game, adaptation coopérative de la campagne de JDR mythique, signée Adam Kwapiński et Michał « Gołąb » Gołębiowski : 1 à 4 investigateurs des années 1920 à bord du train, entre attaques de monstres, vampire assoiffé et cultistes à démasquer, en 90 à 120 minutes. Annoncé dès 2023 en financement participatif, il arrive en boutique le 30 septembre 2026 à 135 $, selon ICv2.
Et la vague déborde du jeu vidéo
Le phénomène dépasse même le PC : Gamelyn Games a annoncé Tiny Epic Invincible, qui transpose l’univers du comics et de la série Invincible dans sa gamme de petites boîtes épiques — sans date ni prix officiels à l’heure où on écrit. Et le courant circule aussi en sens inverse, du plateau vers l’écran : Disgaea se décline en jeu de plateau vidéoludique avec Prinny Party: Going Overboard, pendant que la série culte plateau-cartes Culdcept renaît sur consoles avec Culdcept BEGINS. Les frontières entre supports n’ont jamais été aussi poreuses.
Pourquoi maintenant ? Les trois moteurs de la vague
1. La licence dérisque tout. Sortir un jeu de plateau original, c’est partir de zéro en notoriété. Sortir « le jeu de plateau de Cult of the Lamb », c’est toucher immédiatement des millions de joueurs qui reconnaissent l’agneau au premier coup d’œil. Le marketing est déjà fait — par le jeu vidéo.
2. Le crowdfunding a changé les règles. Kickstarter, Gamefound, BackerKit : ces plateformes permettent de financer la production avant de lancer l’usine, de jauger la demande en temps réel et de vendre en direct sans passer par la distribution classique. Restoration, Chaosium, Paper Fort, KessCo : tous les cas de ce dossier passent ou sont passés par là.
3. Le public est devenu crossover. Le joueur de 2026 ne choisit plus son camp : il enchaîne un rogue-lite sur Steam et une soirée jeux entre potes. Les éditeurs l’ont compris et conçoivent pour lui — des adaptations qui traduisent les mécaniques du jeu vidéo (deck-building, progression, runs) plutôt que de plaquer une licence sur un Monopoly.
Ce que ça change pour toi
Cette vague est une excellente nouvelle si tu aimes les deux mondes : les adaptations 2026 ne sont plus des produits dérivés paresseux, mais des jeux confiés à de vrais auteurs — Chvátil et Holek sur Kingdom Come, Bailey sur Old Ones Origins, Kwapiński sur l’Orient Express. Le revers : des prix premium (135 $ ici, 149,99 € là) et des campagnes qui jouent sur ton attachement à la licence. Notre conseil de joueur à joueur : pledge pour le jeu, pas pour le logo. Une licence adorée ne sauvera jamais une mécanique bancale — et les grands auteurs cités plus haut sont justement là pour éviter ça.
Questions fréquentes
Quels jeux vidéo deviennent des jeux de plateau en 2026 ?
Parmi les adaptations officielles annoncées ou datées : Slay the Spire (set Unmatched chez Restoration Games), Cult of the Lamb (Paper Fort Games), Final Fantasy I à III (Origins of Light de KessCo) et Kingdom Come: Deliverance (Czech Games Edition, à Essen SPIEL 2026). Chaosium prépare aussi deux jeux de plateau Cthulhu issus de son JDR.
Pourquoi autant d’adaptations de jeux vidéo en jeux de plateau ?
Trois raisons : une licence connue apporte une communauté déjà conquise, le financement participatif (Kickstarter, Gamefound, BackerKit) réduit le risque de production, et le public joue désormais autant sur écran qu’autour d’une table.
Ces adaptations valent-elles le coup ?
La génération 2026 mise sur de vrais auteurs (Vlaada Chvátil, Samuel Bailey, Adam Kwapiński) plutôt que sur des produits dérivés opportunistes. Reste à juger chaque jeu sur ses mécaniques : vérifie la langue, le prix final port compris et les délais de livraison avant de soutenir une campagne.
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