Cette fois, ce n’est plus une rumeur, une fuite ou une « information de presse » : c’est Electronic Arts elle-même qui l’écrit noir sur blanc au gendarme boursier américain. Dans un document officiel déposé à la SEC le 30 juillet 2026, EA déclare que toutes les autorisations réglementaires nécessaires au rachat ont été obtenues — et que l’opération à 55 milliards de dollars devrait être bouclée le mardi 4 août, à la clôture de la Bourse. Après ça, EA ne sera plus une entreprise cotée.
Ce que dit exactement le document officiel
Le texte est un « 8-K », le formulaire que les sociétés cotées américaines utilisent pour signaler un événement important. Celui d’EA, signé par son directeur juridique Jacob J. Schatz, tient en deux phrases qui closent dix mois de feuilleton : « Au 30 juillet 2026, toutes les autorisations réglementaires requises pour finaliser la fusion ont été obtenues. Electronic Arts s’attend actuellement à ce que la fusion soit finalisée aux alentours de la clôture des marchés le 4 août 2026. » Seule réserve restante : les conditions de clôture habituelles prévues par l’accord de fusion — de la mécanique juridique, plus aucun régulateur.
Le même document rappelle qui rachète : un consortium formé du Public Investment Fund (PIF), le fonds souverain d’Arabie saoudite, de fonds affiliés à Silver Lake et d’Affinity Partners, la société d’investissement de Jared Kushner, via un accord signé le 28 septembre 2025.
Le dernier verrou a sauté à Bruxelles
On suivait le dossier étape par étape. Côté américain, le délai antitrust (loi HSR) avait expiré dès le 9 février 2026, comme EA l’avait déjà déclaré à la SEC. Côté européen, la Commission avait validé le volet concurrence le 23 juillet — on te l’avait raconté dans notre article sur l’approbation européenne. Restaient deux inconnues : le volet européen des subventions étrangères (FSR), taillé sur mesure pour les acheteurs adossés à un État non-européen — et le PIF est littéralement l’État saoudien investisseur —, et l’examen de sécurité nationale américain (CFIUS). Le média juridique MLex rapportait le 30 juillet que la Commission avait renoncé à ouvrir une enquête approfondie FSR ; quelques heures plus tard, le dépôt d’EA soldait la question de manière plus radicale : plus aucune autorisation ne manque, où que ce soit.
Et pour toi, ça change quoi ?
Dès la semaine prochaine, EA — les licences BioWare, Battlefield, FC, Les Sims, Apex Legends — appartiendra à un propriétaire quasi unique dominé par un fonds souverain, et ses comptes ne seront plus publics : fini les rapports trimestriels qui permettaient de savoir comment se portaient les studios. Andrew Wilson doit rester PDG, comme annoncé dès septembre 2025. Pour la suite — stratégie, studios, avenir des RPG maison —, on t’avait posé le décor dans notre dossier sur le rachat à 55 milliards, et on suivra ce que le nouveau propriétaire fera de tout ça.
Le feuilleton EA, sans le bruit : on le suit depuis le premier jour, sources primaires à l’appui. Pour la suite — l’ère EA privée —, abonne-toi.
FAQ — Finalisation du rachat d’EA
Quand EA devient-elle officiellement privée ?
Selon la déclaration d’EA à la SEC du 30 juillet 2026, la fusion devrait être finalisée aux alentours de la clôture des marchés le mardi 4 août 2026, sous réserve des conditions de clôture usuelles. L’action EA quittera alors le NASDAQ.
Qui rachète Electronic Arts, au juste ?
Un consortium formé du Public Investment Fund (PIF), le fonds souverain d’Arabie saoudite, de fonds affiliés à Silver Lake et d’Affinity Partners, la société de Jared Kushner. L’opération, annoncée le 28 septembre 2025, valorise EA à environ 55 milliards de dollars — le plus gros rachat par effet de levier de l’histoire.
Tous les régulateurs ont-ils vraiment dit oui ?
EA déclare dans son dépôt SEC du 30 juillet que « toutes les autorisations réglementaires requises pour finaliser la fusion ont été obtenues », sans les détailler une par une. Les étapes connues publiquement : expiration du délai antitrust américain (HSR) le 9 février 2026, feu vert concurrence de la Commission européenne le 23 juillet, et, selon MLex, absence d’enquête approfondie sur le volet subventions étrangères (FSR).
Qu’est-ce que ça change pour les jeux EA ?
Rien dans l’immédiat : tes jeux fonctionnent et coûtent pareil. À moyen terme, EA n’aura plus de comptes publics à rendre aux marchés, et sa stratégie dépendra de ses nouveaux propriétaires. Andrew Wilson doit rester PDG, comme annoncé lors de la signature de l’accord.